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24 heures de Lombez 2008 : Toto ? Il court derrière l'église

Dsc 9895Dimanche 28 septembre 2008, 10 heures. Partout en France, des coureurs d'ultra devenus boiteux rentrent d'un pèlerinage aux 100 kilomètres de Millau. En fidèle de cette épreuve, je devrais en être. Mais non.

Face à la halle et la cathédrale de Lombez, la place aux briques rouges éclate dans le soleil de l'automne. Michel, l'organisateur d'une épreuve de 24 heures superbe d'humanité, éclate en sanglots dans mes bras. Je ne vaux pas mieux. La fatigue sans doute. C'est sûr, même. Les émotions aussi. Peut être... Sûrement en fait. Mais je suis fort alors je ne peux pas avouer que ma gorge se tord, m'étrangle. Pensez donc, je viens de remporter mon premier ultra. C'est sûr je suis fort. Hé, j'vais pas fondre en larmes, me mettre en poudre. Pas là, pas maintenant. J'attends ces secondes de légèreté depuis des siècles, des bornes, depuis des nuits de rêves, de cauchemars d'échecs aussi parfois.

Trois mois plus tôt, le dimanche 22 juin, je rentre de Léognan avec Pascal David. Je suis fatigué, un peu dépité, un rien dégoûté. Moi qui rêve de Badwater, je suis passé par la fenêtre des 24 heures de Léognan à cause de la chaleur. Et aussi parce que j'ai couru comme un con. En tête de la course, j'ai couru sans écouter mon corps, à surveiller les autres, à calculer. Et j'ai sombré troisième à 178 kilomètres, très en deçà de mes espoirs. Bien fait pour moi. Pascal analyse tout ça, me remotive, m'explique, me rassure.

Trois semaines après, je suis dans la Death Valley, Californie, sur la Badwater, 50°C à l'ombre. J'y fais l'assistance de Kermit Cuff, un coureur américain. J'y cours une quinzaine d'heures par morceaux dans le rôle du deuxième « pacer » et j'apprends énormément en peu de temps. J'apprends à ne rien lâcher, jamais. J'apprends à aimer ces paysages qui magnifient les efforts. Je sais que j'y serai en 2010. Je sais que je le peux. You can do it ! Je reviens remonté comme un coucou. Et souvent, je repense à Kermit, Linda, Mia et John, l'équipe avec qui j'ai découvert la force de cette course et une partie de moi aussi.

Courant août, je suis en vacances et j'hésite encore entre Millau et Lombez. Je cours sur un mode hybride seulement guidé par mes envies et mes plaisirs. Ce n'est pas optimal mais je m'en moque éperdument. Et puis, j'ai quelques pépins de santé et je m'explose un genou fin août en descendant le Tarn avec les enfants en canoë. Si, si. Début septembre, je passe un coup de fil à Michel Sallé, l'organisateur de Lombez. Il me parait un peu dépité du peu d'enthousiasme autour de son épreuve, courue pour la bonne cause. Quitte à courir seul, je décide fermement d'en être. Tous les braves finalement au départ ont pensé la même chose, et je me suis laissé convaincre par la cause et ma motivation est montée en flèche.
Très pris depuis des mois par une grosse échéance professionnelle mi-septembre, j'abandonne toute idée de performance, ma préparation est minimaliste, fort loin des séances type que j'aime faire avant les courses. Dix jours avant la course, je croise le skipper Joé Seeten que je connais bien. On parle stratégie du sommeil. Lui qui a fait plusieurs Vendée Globe et parcouru les océans en solo, en équipage, connaît bien cette question. Alors en bonne éponge, j'absorbe ce qu'il me dit et je le ressors la semaine de Lombez.
Mes objectifs sont simplissimes : réunir mon équipe Badwater 2010 pour un premier test en grandeur nature et rester en mouvement sur le circuit tout au long des 24 heures. Au pire, je m'autoriserai si nécessaire des micro-sommeils de quelques minutes comme j'en ai discuté avec Joé. Comme j'ai bien suivi ses conseils, j'arrive le matin de la course reposé sans déficit sur les nuits d'avant. Je suis confiant, en paix, content d'en découdre.

Benoît m'accompagne pour les premières heures de course. Les « autres » arriveront au fur et à mesure de la journée. La journée s'annonce douce et ensoleillée. Sur le court trajet entre Toulouse et Lombez, on discute avec Benoît. Comme avant Aulnat. Je crève d'envie de courir. C'est bon signe.

Onze courageux individuels (10 gars et Babeth) s'élancent peu après dix heures. Le village de Lombez est charmant, un vraie carte postale pour les parigots. D'entrée, toute la troupe se trompe de parcours. En riant aux éclats, on fait tous demi-tour et nous voilà enfin sur les rails.

Dsc 9879La première boucle de 850 mètres est une drôle de surprise. Bonne car les ruelles sont superbes, la flèche de la cathédrale se dresse magnifique et les couleurs des maisons nous accueillent douillettes. Surprise inquiétante aussi car la boucle tourne en tous sens presque vingt fois et il n'y a guère de parties plates. Bref, ça promet.
De suite, je me cale sur une allure facile et confortable. Légèrement au dessus du 10 à l'heure, assez en dessous de la folie, et je laisse filer Josian qui vient de finir sixième du Grand Raid des Pyrénées et qui joue dans la catégorie du dessus. C'est Benoît qui m'assiste sur ces premières heures. Le bal des ravitaillements est bien rôdé depuis le temps et tout s'enchaîne tranquille.

Je tourne comme un métronome et lorsque Benoît me quitte vers treize heures, je suis toujours facile et souriant. Je tchatche avec les uns, les unes, les autres. Le temps file. Me voilà maintenant seul et sans aide attitrée. L'équipe des Agrobitume va prendre le relais et me veiller comme un des leurs. Valérie compte mes tours, ses équipiers ou la femme de Josian me passent les bidons. Cette sollicitude me touche. D'autant que me voilà maintenant seul en tête. Je n'y prête pas attention et je continue d'avancer en cherchant mes « chers équilibres » et du confort. Le geste mille fois répété, calibré, travaillé, est devenu fluide, facile, confortable. A aucun moment, en courant, je ne vais souffrir de mes muscles. Plus tard, les arrêts et les reprises seront parfois douloureux mais la progression jamais. Encore maintenant, je peine à le croire.

Après cinq heures d'efforts, j'ai fait 51 bornes et je commande un second repas. Au tour suivant, Michel, l'organisateur, m'accompagne sur un demi tour, le temps pour moi d'avaler les pâtes, le jambon et le pain. On discute aussi brièvement, le temps pour lui de me transmettre la force de son engagement dans cet évènement. Ces instants avec lui me boostent.

Le soleil commence a taper et malgré l'ombre des ruelles, je sens que je vais chauffer si ne n'y prête garde. Comme je n'ai pas pris de saharienne, je complète ma casquette Brooks d'un bandana que je mouille avant de le mettre autour du cou. Un truc appris sur la Badwater et qui me rappelle Kermit et sa clique en me faisant l'effet d'emporter avec moi un doudou. Un truc de gamin. De suite, ça va mieux et de toutes façons, je n'avais nulle crainte. Dsc 9900J'avance, j'avance, j'avance. Un tour sur deux, je marche 45 secondes au passage de la ligne et je cours partout ailleurs.
Par moment, Cyril Klein ici pour supporter Babeth m'encourage, me veille, m'aide. Au détour d'une ruelle, une maison ouverte crache du rock français. Ses deux occupants sont à la picole depuis notre premier tour et nous regardent tourner avec incrédulité, amusement ou intérêt, c'est selon. Comme tout sportif qui se respecte, ils savent que la variété est primordiale dans la performance, alors parfois ça sent le chichon. Moi, ça me bidonne.

Je commence parfois à sentir des petits coups légers de « moins bien ». Rien de grave, je commence à bien me connaître et je sais gérer ça. Et puis c'est le moment où Nathalie, mon épouse, arrive avec Régine, une amie, et notre fille Cécile, la petite dernière. Enflée comme un « tite », toute en jambes, elle est faite pour courir. Alors les voilà qui m'encouragent.
Dsc 9981Je suis un peu dans ma bulle et je passe des consignes à chacun de mes passages aux stands. Nathalie me dira plus tard qu'elle m'a trouvé presque trop concentré voire stressé. Après vérification auprès de tous, il s'avère que je suis dans l'effort, que je sais précisément ce que je veux et ce dont j'ai besoin. Comme le dira Cyril, « tu ne dis pas, tiens j'ai faim. Mais, il me faut 124 grammes de lentilles, 20 cm2 de jambon et 80 grammes de pain ». Finalement, Nathalie s'y fera avec sa bonne humeur et son sourire mais, promis, à l'avenir je serai plus vigilant sur ce point. Et puis, c'est vrai que je sors rarement en compétition, alors j'essaie d'optimiser tout et sur tout.
Cécile court parfois avec moi. Je rie de ses remarques naïves. Elle est partout sur le circuit, une fois à pied, une fois en rollers. Ca me motive de les savoir là et je trace mon bonhomme de chemin.
Après sept puis huit heures à trotter, je suis toujours aussi régulier dans le geste. Le rythme s'érode petit à petit mais aucune hémorragie ni dans le plaisir ni dans l'allure.

Peu avant 19 heures, Philippe le toubib de l'équipe Badwater, Pascal David l'ami fidèle et Christophe, un copain-voisin arrivent. Quelle équipe à présent !
Je connais un passage très difficile. Je flotte sur la piste, les forces me quittent, la tête me tourne. Pascal décide qu'il est temps pour moi de manger. Les lentilles, le jambon et le pain que je dévore en marchant sur le circuit me remettent dans la course. C'est reparti et bien reparti.

Dsc 9959Après 10 heures et 20 minutes, je passe le kilomètre 100. J'ai 15 minutes d'avance sur mes expériences précédentes. Je suis super bien et facile. Je m'arrête au stand, toute l'équipe s'affaire autour de moi. Je prends quelques petites minutes pour enfiler un collant, grignoter et boire. Je repars, je suis comme neuf.

Sous la halle, un repas est organisé. L'ambiance y est gersoise autant dans les assiettes que dans les accents. Les bribes de fête sont délicieuses à capter. J'aime cette sensation que je ressens. Je produis un effort que j'aime. Le village se pare de nouvelles couleurs, celles de la nuit qui tombe. Les éclairages dans les ruelles donnent au décor un nouveau visage toujours aussi douillet. Ca et là, des enfants, nombreux, courent avec nous en criant. Des chats par dizaines font la sarabande et démarrent avec fulgurance presque sous nos pieds. Dans chaque maison, les fenêtres ouvertes nous renvoient la vie de l'intérieur. Ici des conversations, là une dispute, plus loin une télévision, là-bas une musique. Les habitants s'étonnent de nous voir tourner. Des dames discutent, assises sur une place. L'une d'elle crie à son fils « Tu as fait pipi, mon biquet ?». Avec une voix de crécelle, je réponds du tac au tac « oui, j'arrête pas ! ». Elles rient et vont alors m'encourager à chacun de mes passages.

Régulièrement, Christophe ou Pascal me font un brin de conduite. Je suis toujours sur mon rythme d'un peu de marche tous les deux tours et j'attends la mi-course pour baisser un peu d'allure.
Encore une fois, comme depuis des heures, comme à chaque course, comme chaque jour de ma vie, je calcule. Pour me rassurer, je calcule mais finalement ça m'angoisse. Voyons, si je passe à XX minutes pas tour, si je ralentis de YY pour cent, ça va faire. Pascal qui court à coté de moi m'en fait la remarque. Il trouve les bons mots. Je me trouve alors ridicule limite con. Ridicule et contradictoire pour quelqu'un qui prêche la recherche d'équilibres dans la course. Allez, c'est promis, j'arrête. Bien m'en a pris. Ca me repose, me détend. La confiance est là. J'enquille les tours, les bornes, les heures. Je suis bien. Je profite des efforts, des instants. Je cours le présent. Léger, facile, plus qu'heureux. Jubilatoire.

Dsc 9972La fête se poursuit sous la halle. Des bribes de rires, des éclats de voix me portent dans les tours et détours de Lombez. Les filles et les gars de mon équipe à tour de rôle sont allés manger le cassoulet. Moi, je continue, concentré. Sur la piste, je double en permanence les autres coureurs. Aussi souvent que je peux, c'est-à-dire presque toujours, je glisse quelques mots d'encouragements. Ca m'encourage moi aussi. Certains me répondent. D'un geste, d'un regard, de quelques mots. Des complicités se créent. Renaud et Eric qui m'accompagneront sur le podium courent parfois plus vite que moi. Mais ils s'arrêtent aussi par moment pour se reposer, ce que je refuse.

Eric comprend pourquoi je score en me suivant dans une ruelle. Nous venons de doubler ma fille sur ses rollers. Un fracas de chute ! Je ne moufte pas, ne me retourne pas. Je continue imperturbable. Après la course, Eric se moquera de moi, raillant mon indignité de père. En fait, j'avais entendu Cécile parler aussitôt à Nathalie pour lui dire « une plaque d'égout. ». Cela donne une nouvelle occasion à Eric de me mettre en boite, déjà qu'il n'en manquait pas.

La mi-course arrive enfin, comme un point de bascule. J'ai 114km au compteur, soit deux unités de mieux qu'à Aulnat. Je suis surtout plus facile et frais. Je pressens une marque vers 207-210 kilomètres.
A présent, je décide de ne plus marcher sur la ligne mais dans un petit raidillon et à chaque tour. L'allure au tour ne va pas en pâtir. Et puis ça me permet de faire ce que j'aime ; regarder la vie et le monde qui tournent sur une journée. Le raidillon nous offre une vue sur une boulangerie-patisserie et comme la lumière du soleil, la nuit étoilée, le travail de ces artistes de la papille gustative rythme ma journée. Au fond de la nuit, la lumière revient dans l'atelier. Je les vois à chaque tour se remettre au travail puis s'affairer. Plus tard, les tournées de pains commenceront et le balai des voitures accompagnera la bonne odeur du pain chaud.

Dsc 0046C'est pour tout cela que j'aime la Circadie. Parce que j'aime ces efforts doux, cette recherche de bien être et d'équilibres, cette sensation d'avoir accompagné une révolution complète de notre planète bleue. Et puis courir la nuit, sous un toit d'étoiles a une dimension magique. Tout cela en fait une épreuve magnifique. J'en perds la notion de l'heure, du temps qui passe. Je suis à des années lumière des soucis de la vie. Je suis tout entier à ces efforts, à ceux qui nous entourent. L'intensité de tout est magnifiée. A fleur de peau, vivant, concentré sur un essentiel que nos modes de vie camouflent.

A présent, les heures me pèsent dans le corps. Les jambes restent claires. Aucune douleur même dans la rue qui descend en dévers ou dans les virages serrés. J'en suis tout heureux. Non parfois, je me sens las. J'ai presque envie d'arrêter quelques minutes mais j'y renonce. Je sens que je peux faire un truc. Je m'encourage de la voix, j'essaie d'envoyer toujours, encore, toujours.
Philippe, de sa fibre de médecin, me veille toute la nuit alors que Christophe et Pascal vont dormir à tour de rôle. Les filles ont plié boutique vers trois heures. Leur passage m'a fait tellement plaisir.

Philippe me parle, m'accompagne quand je marche en buvant une soupe à chaque heure. Philippe m'accompagne au fond de moi, trouve mes ressorts, me fait aller de l'avant, toujours. Je dois parfois marcher un peu. A chaque nouvelle heure, je bois de la soupe, je m'assois deux ou trois minutes et me fait masser puis je repars en marchant avant de trottiner. Ma vitesse s'est érodée mais j'ai trouvé une allure autour de six minutes au tour que je vais savoir tenir jusqu'au bout. C'est une révélation pour moi. Mes sensations sont toujours aussi agréables et le plaisir que je prends est toujours immense.

Soudain, je m'en rends compte, je n'avais jamais tourné aussi longtemps autour d'une église, encore moins autour d'une cathédrale. Mais super fort mentalement, je n'y suis pas entré et puis je devais courir 24 heures alors il était hors de question de passer la nuit à l'autel. Du coup, comme dans les plus belles blagues de Toto, je n'ai fait "que pisser derrière l'église". Et pas qu'une fois ! C'en est presque routinier. Un sorte de punition divine pour un mécréant de la plus sacrée espèce. Mais ma foi, elle n'est pas désagréable cette routine.

Dsc 9999A la dix neuvième heure, je boucle 200 tours soit 170 kilomètres. Je bois une soupe sous la tente. Je me sens fatigué. J'hésite à finir en roue libre. Michel, l'organisateur, est face à moi. Me voyant dans le doute, je le vois qui s'anime, me parle, me motive. Son énergie m'inonde. Pour lui, pour eux, pour moi aussi, je repars bien décidé à ne plus rien lâcher. Rien.
Je pense aussi à ce que Renaud nous a dit au briefing d'avant course. Nous courons ici dans les cadre des « Virades de l'espoir », pour la lutte contre la mucoviscidose. Renaud nous a parlé du combat de sa fille. Il nous a expliqué que nous, coureurs, nous pouvons à tout moment stopper notre course si le découragement vient. Alors que sa petite et ceux qui l'aiment sont engagés dans une lutte qui ne connaît pas le repos. Son propos m'avait touché au plus profond. Y repenser me bouleverse. Je regarde Renaud courir comme un fou avec admiration. Avec un respect infini pour ce qu'il nous communique. Pour tout cela, je dois y aller. Allez, allez !
Me voilà installé dans un rythme soutenu de fin de course, neuf tours à chaque heure. Philippe est reparti et l'aide de Christophe et Pascal, leurs attentions, leur amitié me sont infiniment précieuses. On forme une sacrée belle équipe.
La lumière du jour revient peu à peu. Elle éclaire le village et révèle de nouvelles couleurs. Le matin est frais mais je suis bien, sûr de mon fait. Peu à peu, les rues, les ruelles s'animent. Les passants s'étonnent et s'animent à notre passage. Les autres coureurs, les équipes m'encouragent, poussent derrière moi avec une infinie gentillesse. Je grave de belles choses dans mon livre de souvenirs. Et je continue de tourner, enfilant les kilomètres.

Il est neuf heures. Il en reste encore une. Je passe en planant la barre des 200 kilomètres. Je suis ivre d'un bonheur simple. Ma gorge se serre.
J'en ai marre des boissons, des ravitaillements. J'ai encore envie de courir. Prolonger ce shoot une heure encore. Une bière, tiens je vais prendre une bière. Passée la halle, je m'imagine arrivant devant la cathédrale où des bigotes telles des fans des Beatles devant Mc Cartney se jètent sur moi pour m'embrasser les jambes en hurlant mon prénom. Mais non, Pascal ou Christophe, je ne sais plus, me rattrape et me tend la bière. Me voilà à marcher en tétant la binouze, sous le regard incrédule des spectateurs. Tiens, un poivrot qui n'a pas dormi et qui marche.. Putain, la vache, que c'est bon. Dernier arrêt derrière la cathédrale, comme Toto, et me voilà reparti pour une dernière heure.

C'est une apothéose. Je pense « savoure, savoure, imprègne toi !... ». A chaque tour, les gens m'encouragent. Cabotin, je bombe le torse, j'essaie de courir, digne de leurs brava. J'enlève le sweat shirt de la nuit. Me revoilà avec le maillot de la Badwater. Un truc chaud en hiver et frais en été. Un truc qui me fait penser à de belles choses surtout.

Dernier quart d'heure, puis dernier tour. Je m'arrête sur la ligne. J'ai 207,400km au compteur, six de mieux qu'au Aulnat. Je suis premier. Pour la première fois en Ultra. Je rêve.

Je crois que j'embrasse des joues, serre quelques mains. Des larmes montent. Merci Pascal, Merci Christophe. Merci tout le monde, merci la terre entière. Je voudrais mettre mon bonheur en pots, en bouteilles, en ampoules, le distribuer, le distiller. J'ai vécu des choses inouïes, connu des gens bien, de belles personnes, des jolies causes.

Je cherche Michel Sallé. Je veux le remercier. Je le serre dans mes bras. La suite de cette histoire, vous la connaissez.

Hé, vous connaissez aussi l'histoire de Toto ? Non ? Alors vous allez vous marrer. Hé bien voilà, c'est Toto qui court 24 heures derrière l'église.

 

(Photos Pascal David. Les photos de la course par Pascal David sont. Article publié dans le Magazine Ultrafondus en 2008.)

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Depuis que je travaille à Bruxelles, j'ai evidemment moins de place pour la course : peu d'espace pour courir, peu de temps, plus de fatigue et donc moins d'envie. Moins de disponibilité aussi pour écrire et mettre à jour le site. Une famille en expatriation demande pas mal de disponibilité et d'énergie.

J'ai bein fait quelques courses mais sans possibilité de performances. Et quand c'était l'objectif, il n'était pas atteint. J'ai aussi fait de bonnes conneries, comme ce trail de 76km peu technique où je me suis tordu la cheville au départ mais que j'ai couru néanmoins durant 7 heures ce qui m'a valu le résultat de la photo.

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Henry Miller, Le cauchemar climatisé

Lexique

courir : v. i., se déplacer en agitant les jambes ou les pattes comme pour marcher mais à vitesse plus élevée.

simplement : adv., de façon simple, facile à comprendre.

plaisir : n. m., sensation, émotion, agréable de satisfaction.

envie : n. f., besoin qu'on a le désir de satisfaire.

bien-être : n. m., sentiment de bonheur, d'aisance spirituelle.